Ibn Badis - Quand la plume soumet les canons - Héros de l'Islam 3 - Mohamed Messaouri - Al Bayyinah

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Ibn Badis - Quand la plume soumet les canons - Héros de l'Islam 3 - Mohamed Messaouri - Al Bayyinah

Un héros hors pair 

Marquer l’Histoire est le fait des héros, entrer dans la légende celui des géants, la raconter ou la lire celui des rêveurs. Et moi, je suis un rêveur ! On pense souvent que, pour entrer dans la légende, il faut avoir 6 terrassé tous ses adversaires et fait preuve d’une force indomptable. Seulement voilà, comme nous l’enseigne notre Prophète r, l’homme fort n’est pas forcément celui qui domine les autres par la violence, c’est aussi celui lutte contre l’injustice avec sagesse, patience et clairvoyance ; qui combat l’oppression par l’éducation; qui reste ferme dans ses positions et sa croyance ; qui, au lieu de brandir l’épée, prend la plume pour éveiller les consciences, éduquer, former et élever toute une nation… Car oui, la plume peut s’avérer plus tonnante que des coups de canon, elle peut marquer les cœurs et les esprits davantage qu’un fer brûlant, elle peut soumettre l’ennemi autant qu’une troupe d’élite et elle peut ériger un homme au statut de héros légendaire autant que la cape et l’épée !

Et s’il est un homme qui a su nous le prouver dans l’Histoire contemporaine, c’est bien l’imam réformateur Abdelhamid Ibn Badis, puisse Allah lui faire miséricorde. Son œuvre a porté ses fruits dans plusieurs domaines, tant sur le plan social que religieux, entre autres. Ibn Badis a réformé la conception de la religion en Algérie et l’a orientée vers la vraie spiritualité. Il a, en outre, défini le sens de la coexistence entre les nations et les cultures. C’est pour cette raison que beaucoup d’orientalistes et de chercheurs considèrent Ibn Badis comme un symbole d’humanisme avant de voir en lui un symbole religieux. Il appelait à l’édification d’une humanité meilleure et à l’entente avec les autres 7 peuples, sans oublier bien sûr la cause nationale, qui compte comme l’une des choses les plus importantes dans sa vie et son œuvre.

Ibn Badis, un savoir impressionnant

Ibn Badis est un érudit pluridisciplinaire, un exégète, un traditionniste, un jurisconsulte… mais ce n’est pas un théologien comme les autres. Éclairé, visionnaire et influent, il est l’un des pères du nationalisme algérien et surtout celui qui a semé la graine de la révolution contre le système colonial français. En effet, son rôle dans la prise de conscience par le peuple algérien de son identité a été décisif dans le chemin qui mènera l’Algérie vers l’indépendance en 1962. C’est lui qui a initié le courant réformiste en Algérie en appelant à la nécessité de s’appuyer sur les vrais piliers, à savoir le Saint Coran et la sunna bien sûr, mais aussi la liberté, le savoir et la science. Par ailleurs, ce réformateur éclairé prônait la modération, la fraternité, la solidarité et le refus de la violence. C’est pourquoi on peut aisément dire aujourd’hui, avec certitude, que si le pouvoir en place en Algérie, au lendemain de l’indépendance, avait pris exemple sur Ibn Badis, son comportement et les préceptes auxquels il appelait, l’Algérie n’aurait pas connu les troubles qu’elle a vécus depuis.

Extrait du livre 

   CONQUÊTE ET COLONISATION

L’affaire de l’éventail cautionne le blocus maritime d’Alger par la marine française durant 3 années consécutives et marque le début d’une nouvelle ère, celle de l’Algérie coloniale. En juin de l’an 1830, les troupes françaises décident de prendre Alger. Les forces françaises, sous le commandement du comte de Bourmont, se mettent en mouvement avec une armée de près de 40 000 soldats bien équipés et une flotte de près de 500 bâtiments. La flotte quitte Toulon le 25 mai 1830. L’armée navale est composée de 3 escadres : une escadre de combat destinée à l’attaque des forts et des batteries, une seconde de débarquement des troupes à terre et une réserve. La force d’invasion s’attend à une résistance sévère du Dey d’Alger.

De l’autre côté de la Méditerranée, on est informé depuis deux mois par les journaux français que le débarquement s’effectuera à la presqu’île de Sidi-Ferruch, à 30km à l’Ouest d’Alger, mais pensant qu’il s’agit d’une ruse, Ibrahim Agha, gendre du Dey Hussein, établit son quartier général à l’Est d’Alger, à Bordj-el-Arrach. Drôle de manœuvre en réalité. Les Français pensent alors que le Dey a décidé de ne pas s’opposer au débarquement, redoutant le feu de la marine contre ses troupes, et que son armée fera mieux contre les Français dans l’intérieur des terres.

Le plan d’invasion est simple : il consiste à prendre à revers la forteresse d’Alger, réputée invincible depuis l’attaque des troupes espagnoles de Charles Quint au 16ème siècle. Le 14 juin 1830, la première division débarque, forme ses colonnes et marche sur son adversaire. Les Français ne rencontrent qu’un petit détachement d’une batterie côtière vite submergée. Hussein Dey rassemble son armée, composée de la milice des janissaires et renforcée par les contingents qui sont fournis par les Beys d’Oran, de Constantine et de Titteri. L’armée du Dey, qui ne compte pas plus de 50 000 hommes, soutenus par 20 000 Kabyles, a été mal préparée à l’expédition française.

En dépit du manque d’équipement et de personnel, les Algériens résistent aux envahisseurs. Mais la résistance est vaine face à un équipement moderne qui marche avec succès sur les forces du Dey. Finalement, les français prennent Alger le 5 juillet 1830 et Hussein Dey capitule. Cette défaite marque la fin de la Régence d’Alger et de la domination ottomane en Algérie, ainsi que le début de la domination française. Le Dey quitte Alger, capitale depuis laquelle la France se met à coloniser le reste du pays.

Au début du 19ème siècle déjà, Napoléon avait envisagé d’inclure l’Algérie dans son empire. Ses espions avaient même mis sur pied un plan d’invasion détaillé. Mais si Napoléon n’en aura pas eu besoin finalement, il aura été par contre d’une grande utilité à Charles X. En quelques semaines à peine, Alger tombe. La conquête de l’Algérie prend une vingtaine d’années jusqu’à ce qu’en 1848 elle soit unilatéralement incorporée à la France, non comme colonie, mais en tant que partie intégrante de la nation, à l’égale de la Normandie ou de la Lorraine. C’est alors le départ de bien des problèmes…

La route de l’Algérie est ouverte à la convoitise des colons de la métropole. Mais le Français moyen montre peu d’enthousiasme envers cette nouvelle province. L’armée a été contrainte de la peupler avec les reclus de la France : chômeurs, opposants politiques indésirables et païens. Ce n’est qu’après la perte de l’Alsace et de la Lorraine, lors de la guerre de 1870, qu’arrive un large flux de réfugiés. Ils sont bientôt 200 000 colons. En 1940, ils seront plus d’un million !

Pour ce qui est des Algériens, ils vivent dans les quartiers les plus pauvres des villes. Ailleurs, les Européens confisquaient les meilleures terres, souvent sous le prétexte que le propriétaire arabe est un rebelle. Bientôt apparaissent de beaux quartiers réservés aux seuls Européens. Durant ce qu’elle appelle pudiquement « la pacification », l’armée Française annihile complètement la classe moyenne algérienne, qui ne réapparaît qu’au début du siècle avec les premiers instituteurs et les premiers employés musulmans de formation française. Dès le début, ceux-ci réclament, non pas l’indépendance, mais l’intégration. Car si les musulmans d’Algérie naissent sujet de la France, ils n’en sont pas citoyens. Pour cela, ils doivent trahir leur religion. Certains le font et prospèrent sous le sobriquet de béni-oui-oui.

De leur côté, les Français, comme tous les colons du monde, sont persuadés que les indigènes ne peuvent être qu’irrémédiablement paresseux et naturellement mauvais, faits seulement pour les tâches les plus serviles et ne comprenant que la manière forte. Toute idée de réforme est tout simplement ignorée.

Aux musulmans les terres pauvres et aux Français les beaux domaines, obtenus souvent grâce à des prêts avantageux du gouvernement et exploités grâce à l’argent des contribuables en métropole. En dehors des mines, il y a peu d’industrie. Il faut maintenir l’Algérie dépendante de la France ! Face à cette situation, un enfant musulman a 12 fois moins de chances de s’instruire à l’école qu’un enfant européen, ce qui engendra une vague importante d’analphabétisme. Par ailleurs, le chômage est élevé pour les musulmans et ceux qui travaillent sont mal payés. La solution consistait à émigrer en France métropolitaine. Leurs salaires soutiennent des familles entières, parfois tout un village. Pour les colons, cependant, la vie est confortable et ils comptent bien qu’elle le reste…

Il n’est pas facile de fixer de façon exacte quand l’idée d’une nation algérienne a commencé à se former dans l’esprit des Algériens."

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