La souveraineté de la oumma passe avant l'application de la shari'a - ABDALLAH AL MALIKI - Edition Maison d'Ennour

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La souveraineté de la oumma passe avant l'application de la shari'a ABDALLAH AL MALIKI

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La souveraineté de la oumma (peuple/ communauté) ne veut pas dire que la Umma est le critère qui doit servir de base au jugement que l'on porte sur la morale ou sur les valeurs, comme certains se l'imaginent. Mais le critère de base, en toute logique, c'est l'autorité (marji'iyya) à laquelle l'homme se réfère et à laquelle il croit, que cette autorité soit religieuse, philosophique, ou séculière. Ainsi, la connaissance du licite et de l'illicite, en Islam, ne se fait-elle pas par consultation populaire, mais par le biais des sources de la shari'a, et en premier lieu au travers du Coran et de la Sounnah.

Extrait du livre : 

"  Dans ce cadre, il nous est possible de différencier l'expression : suivre la sharî'a, de l'expression : appliquer la sharî'a. En effet, suivre la sharî'a suggère que l'observation de ses préceptes est laissée à la discrétion des individus, sans contrainte, alors qu'appliquer la Shari'a laisse entendre que l'observation de ses préceptes est liée à l'idée de contrainte. Par conséquent, suivre la sharî'a se rapporte à l'action de l'individu ou de la société sans l'intervention d'un pouvoir contraignant, alors que son application se rapporte à l'action politique exécutive confortée par la loi.

C'est pourquoi l'emploi de l'expression : « application de la sharî'a » à notre époque a un sens plus spécifique et plus réduit. Ainsi, chez certains juristes musulmans contemporains, cette expression désigne le plus souvent les principes qui régissent la vie publique, en dehors des préceptes cultuels et moraux d'ordre individuel. Dans ce sens, Al-'Allâma At-Tâhir Ibn 'Âshûr a dit : « Quand je parle de tashrî' dans l'absolu, j'entends par là la loi de la communauté et non la chose prescrite en elle-même. Ainsi, par exemple, mon propos ne concerne-t-il pas le recommandé (mandûb) ni le blâmable (makrûh). De même, les préceptes cultuels méritent-ils d'être appelés religieux (diyâna). »'

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