La place de l'Islam en France - Tome 2 - Entre Fantasmes et Réalités - Thomas Sibille

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La place de l'Islam en France - Tome 2 - Entre Fantasmes et Réalités - Thomas Sibille

Quatrième de couverture 

C'est à une riche réflexion que nous invite Thomas Sibille dans cet ouvrage concis mais bien documenté. Il interroge la place de l'Islam en France à la lumière de l'histoire et de l'actualité récente. Pour lui, l'histoire ne se résume pas à des guerres et à des traités, ou encore à des dynasties régnantes qui se succèdent. À travers ces quelques pages, Thomas Sibille nous plonge dans cette histoire riche en événements et surtout en enseignements.

Il a choisi, pour cela, de s'appuyer sur de nombreux récits et citations des siècles passés pour illustrer son propos et démontrer, si besoin était, que l’islam n'a jamais été étranger à la France. Il finit par s'interroger sur la portée de son livre : "Peut-être y trouverons-nous les ingrédients nécessaires pour une France apaisée."

Extrait du livre 

La France et l’islam, des relations anciennes

   On admet généralement que l’immigration massive des musulmans vers l’Europe s’est développée depuis la Première Guerre mondiale, quand l’armée avait besoin de soldats et les usines de main d’œuvre. Ces populations colonisées qui devaient payer de leur sang la « civilisation » qui leur avait été apportée furent mobilisées. Clémenceau déclara devant les sénateurs :

« Les Noirs nous allons leur apporter la civilisation. Il faut qu’ils paient pour cela. J’aime mieux faire tuer 10 Noirs qu’un seul Français, bien que je respecte infiniment ces braves. »

Clémenceau décida d’accorder la citoyenneté à qui la voudrait en échange de l’impôt du sang sur e champ de bataille :

« Il nous faut 500 000 hommes de troupes indigènes. Je veux que nos colonies nous rendent aujourd’hui le plus possible de la force que nous leur avons donnée. »

La croissance économique qui a suivi la Seconde Guerre mondiale, et la fin des empires coloniaux, ont relancé et amplifié le mouvement. Mais n’y avait-il pas de musulmans avant le XXe siècle ? Est-ce la première fois que l’Europe devint le lieu d’une présence durable des musulmans et de contacts quotidiens entre eux et le reste de la population ? Les relations entre l’Europe et la France sont bien plus anciennes que ce que l’on croit et les échanges furent bien plus riches qu’on ne l’imagine. Puisque la politique d’un pays est inscrite dans sa géographie, comme le disait Napoléon (m. 1821), très tôt la France s’attacha à nouer des relations étroites avec les musulmans. En effet, sur le plan géographique, il est notable que la France est voisine du monde arabe qui commence au Sud de la Méditerranée.

On établit généralement l’acte de naissance des relations franco-arabes au VIIIe siècle, avec l’alliance entre le roi des Francs, Pépin le bref et le calife de Bagdad, Al Mansour. Autour de l’an 800, le roi Charles le Grand (Charlemagne) et le calife Haroun al Rashid échangèrent des ambassadeurs, s’adressèrent des présents et signèrent un traité d’amitié afin de faire face à l’empire byzantin. Au XIe siècle, lors des croisades, dont la première ne fut pas dépêchée d’abord contre les Arabes mais contre les Turcs seldjoukides qui menaçaient déjà Constantinople, des royaumes furent créés par les Francs en Palestine, au Liban et en Syrie. Les Francs découvrirent alors avec stupéfaction la richesse de la civilisation arabe et l’avance des savants musulmans sur ceux des pays européens. Ce fut d’abord dans le domaine scientifique que le monde arabe exerça l’influence la plus importante : la médecine, l’astrologie, les mathématiques, la géographie la philosophie, le développement technique sur le plan de l’agriculture et de l’industrie.

Durant tout le moyen Âge, les relations sont importantes entre les grandes villes marchandes françaises et arabes. Au XIIIe siècle, de nombreux savants fréquentent les universités françaises (La Sorbonne et Montpellier) où les travaux des savants arabes sont traduits. Parallèlement, les rois de France n’hésitent pas à conclure des traités avec leurs voisins musulmans. Par exemple, le traité de 1270 entre le roi Philippe le Hardi et le bey de Tunis.

Au XVIe siècle, le roi François 1er choisit l’alliance avec le monde musulman en faisant appel au sultan ottoman contre l’empire de Charles Quint. En 1536, ce traité permet à la France de développer son commerce avec le Levant et obtient la protection de la Grande Porte (les Ottomans) des pèlerins se rendant à Jérusalem. Quand ce pacte fut décrié par les terres chrétiennes qui accusèrent François 1er d’apostasie, qui fut sévèrement critiqué par le Pape, Michelet, lui, préféra y voir le courage français qui défendit la chrétienté en tendant sa main à Constantinople par-dessus l’Europe.

L’un des signes de l’intérêt porté par la France à la civilisation musulmane est l’ouverture de la première chaire d’arabe à Paris, en 1587. C’est ainsi que la France introduit l’étude de la langue arabe en Europe. Au XVIIe siècle, le roi Louis XIII demande que soient créées les imprimeries en langue arabe et le roi Louis XIV ordonne que les étudiants apprennent l’arabe afin de servir de traducteurs pour les relations diplomatiques qu’il veut développer avec le monde musulman. En 1619, Louis XIII obtient l’installation d’une base maritime à la Calle (el Kala aujourd’hui) près d’Alger.

Louis XIV s’intéresse tout particulièrement au monde arabo- musulman et ; souhaitant avoir des informations précises, il favorise de nombreuses expéditions au Yémen et sur la côte arabe de la mer Rouge, en Égypte et au Levant. À partir de 1664, le chevalier Laurent d’Arvieux (m. 1720) parcourt les pays du Levant, avant d’être nommé consul d’Alep. Il relatera le contact qu’il eut avec les Arabes et évoquera leur mode de vie et leurs coutumes en soulignant leur sagesse. En 1700, le botaniste et explorateur Joseph Pitton de Tournefort (m. 1708) visite également le Levant. Il est notable que son analyse fait montre d’une grande ouverture d’esprit à l’égard de l’islam qui, selon lui, est une religion :

« Fondée sur la connaissance du vrai Dieu, créateur de toutes choses, sur l’amour du prochain, sur la propriété du corps, sur la vie tranquille. On y abhorre les idoles et leur culte y est scrupuleusement défendu. »

Louis XIV entretient également des relations étroites avec le roi du Maroc, qui est dépeint par Saint-Simon comme « un homme de bonne mine et de beaucoup d’esprit. » ce roi, le sultan Ismail, qui n’hésita pas à demander la princesse de Conti, fille de Louis XIV en mariage. Sous Louis XV et Louis XVI, les relations entre la France et le monde arabe étaient impressionnantes. Hélas, le chaos provoqué par la Révolution conduira à un affaiblissement de la France, aussitôt exploité par les Anglais pour réduire la présence française dans le monde musulman.

Mais, tout à la fin du XVIIIe siècle, l’expédition d’Égypte de Bonaparte marque une nouvelle étape. Le corps expéditionnaire est accompagné d’une armée de savants, ingénieurs, artistes, économistes qui vont contribuer à passionner le public français pour le monde mu-..."

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