- Rupture de stock
Le Roman des Janissaires - Issa Meyer - Edition Ribat
Le Roman des Janissaires
'ISSA MEYER
Editions Ribat
Collection Islam d'Europe
Des siècles durant, la simple évocation de leur nom suffira à faire trembler l’Europe, fascinée par ces fils de chrétiens devenus les plus féroces guerriers d’Allâh.
Pendant deux siècles, ils sont l’unité d’élite de ce qui est alors la première armée du monde et volent de victoire en victoire, au point que leurs pairs comme leurs ennemis les tiennent un temps pour invincibles. Sous les murs de Constantinople, ils abattent le légendaire empire romain d’Orient à la pointe de leurs cimeterres. Le monde retient son souffle face aux prouesses de ces légionnaires à turban. Dix royaumes s’écroulent sous leurs pieds, dix autres se soumettent sans coup férir. Garde prétorienne du sultan à la discipline de fer et terreur des croisés, la guerre est pour eux un art de vivre, et de mourir. Combattants et défenseurs d’une foi qu’ils ont adopté avec l’ardeur du converti, tous sont prêts à sacrifier jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour la gloire de l’empire. Leur héroïsme est proverbial, leur sens de l’honneur sans faille, leur dévotion et leur fidélité poussées à la limite du fanatisme.
Mais l’épopée des janissaires n’est pas qu’une histoire de batailles. Dans l’Europe chrétienne, ils n’auraient pu espérer qu’une vie de servage et de corvées. Dans l’Europe musulmane, où la naissance ne compte plus, la maison d’Osman les a faits grands vizirs, rois d’Égypte, protecteurs des Indes et du Maghreb, amiraux et maîtres de la Méditerranée, gouverneurs, conquérants et bâtisseurs d’un empire qui s’étendait sur trois continents, glorieux porte-étendards de ses armes et de l’islâm tout entier.
Premier opus d’une série sur les musulmans d’Europe, le roman des janissaires est aussi celui du plus européen des empires islamiques, le sultanat ottoman. Voici le récit des fabuleux destins de ces esclaves faiseurs de rois, farouches grognards crapahutant du Nil au Danube et du Caucase aux Alpes, insolents briseurs de royaumes, fils de pêcheurs ou de paysans élevés aux plus hautes fonctions du plus grand empire du monde alors connu…
Extrait du livre :
" La dynastie Janissaire
Sur les bords du Nil par contre, et surtout en Palestine, les convertis se taillent la part du lion et consolident leur pouvoir politique. Sur les vingt-trois beylerbeys du Caire qui succèdent à Ibrahim Pasha entre 1525 et 1600, au moins seize sont ainsi issus du corps des janissaires ou a minima du devsrime. Certains s’y font connaitre pour leurs faits d’armes ou leurs qualités d’hommes d’Etat et d’administrateurs, voire les deux. Le poste de gouverneur d’Egypte devient alors un marchepied vers la fonction supreme de l’empire, ainsi de Hadim Suleyman Pasha qui, après treize ans de bons et loyaux services ai Caire, sera nommé grand vizir en 1541, ou encore de l’Albanais Koca Sinan Pasha, auréolé de son titre de « Fatih-i Yemen » après avoir pacifié l’ensemble du pays, qui accédera lui aussi à ce poste à cinq reprises à la fin du siècle.
L’un d’entre eux va même aller plus loin et fonder sa propre dynastie : il s’agit de Kara Sahin Mustafa Pasha. D’origine bosniaque, circonscrit au sein du devsrime et éduqué au palais de Suleyman, il a fait ses preuves en tant que gouverneur dans plusieurs sanjaks d’Anatolie avant de devenir le tuteur du propre fils du Sultan, Sehzade Bayezid. Ses compétences et son amitié avec le prince lui valent d’être nommé par la suite gouverneur de Gaza, puis d’être promu au rang de beylerbey d’Egypte en 1650. Mais il ne délaisse pas pour autant son ancienne affectation. Derrière lui, il laisse son fils son fils Ridwan Pasha, ancien gouverneur du Yemen, à Gaza. Et lorsque ce dernier est appelé à d’autres fonctions, sur la côte éthiopienne puis en Iraq, c’est son fils Ahmad Pasha ibn Ridwan, qui lui succède à nouveau pour trois décennies."