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L'éducation de l'äme AL GHAZALI
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L'éducation de l'äme AL GHAZALI

L'éducation de l'âme - AL GHAZALI - Edition Al bouraq

8,00 €
TTC

L'éducation de l'âme

AL GHAZALI

Rraduction et annotation par Idris De Vos

Editions Al Bouraq

LIB240

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Quatrième de couverture 

Plus important que la somme des savoirs que peut acquérir un homme, sont les vertus par lesquelles il donne un sens à ces savoirs. A une époque où l'éducation est souvent réduite à un apprentissage purement quantitatif, la voix de Ghazali apparaît aussi singulière que son message semble indispensable. L'enjeu de cet ouvrage, central à l'enseignement soufi, est immense : il s'agit de la connaissance de soi. L'auteur pénètre avec nous l'âme humaine puis nous fait revenir sur le thème essentiel des vertus pour que nous en cernions les subtilités et que nous aspirions à parfaire notre façon d'être. Puis il aborde le sujet de l'éducation des enfants, ce prolongement de nous-mêmes. Qui plus grand que l'imam al-Ghazâlî, pourrait nous accompagner dans un tel parcours ? Il est cet immense érudit qui ne cessa d'être une référence pour les savants musulmans depuis neuf siècles ; et ce gnostique éclairé, qui a si bien sondé les raisons et les coeurs, que les soufis jusqu'à nos jours se réclament tous de lui. Ce livre n'est rien de moins qu'une porte ouvrant sur un long combat contre soi.

Extrait du livre 

5) La méthode précise pour polir son caractère

Nous avons vu précédemment que la saine disposition de l’âme réside en son équilibre, et que tout déséquilibre correspond à une maladie, de même que par l’équilibre de ses humeurs le corps est sain, et que tout manque d’équilibre à ce niveau correspond à une maladie. Pour faire un parallèle avec le corps, nous dirons donc que le traitement de l’âme consistant à en éliminer les tares et les caractéristiques détestables, et à la doter des plus belles vertus, est semblable au traitement du corps consistant à le débarrasser des maladies, et à lui faire recouvrer la santé.

L’humeur du corps est généralement équilibrée à l’origine, ensuite, par exemple, l’estomac est touché par des maux en raison d’incidents causés par la nourriture et l’air. De même, les enfants naissent équilibrés et de nature saine, puis ce sont leurs parents qui font d’eux des juifs, des chrétiens ou des mazdéens. Ce qui signifie que c’est par propagation et par transmission qu’ils acquièrent leurs défauts.

De même que le corps n’est pas pleinement constitué à la naissance, mais qu’il se forme et se renforce, par les soins favorisant sa croissance, par l’éducation et l’alimentation, ainsi l’âme vient-elle au monde incomplètement formée et disposée à être perfectionnée. Or, c’est par l’éducation, l’édification et le nourrissage de la science qu’elle s’épanouie.

Si le corps est sain, le rôle du médecin est de prescrire des règles permettant de le maintenir en bonne santé, et s’il est malade, son rôle est de le guérir. Ainsi, si ton âme est saine, pure et éduquée, tu dois la préserver, la renforcer et la purifier davantage, mais si elle est imparfaite et impure, tu dois t’efforcer de lui faire acquérir pureté et perfection.

Tout mal altérant l’équilibre du corps et causant une maladie ne peut être soignée que par son contraire : si cette maladie est due à un excès de chaleur, elle sera soignée par le froid ; si elle est due à un excès de froideur, elle sera soignée par la chaleur, et ainsi de suite. De même les défauts, qui sont les maladies du cœur, doivent-ils être traités par leur contraire : le mal de l’ignorance, par l’instruction, le mal de l’avarice, par l’exercice de la générosité, le mal d’orgueil, par l’exercice de l’humilité, l’intempérance, par le renoncement volontaire à l’objet d’appétence.

De même qu’il faut accepter patiemment l’amertume du remède et la grande douleur que cause la diète, pour soigner un corps malade, ainsi faut-il supporter patiemment l’amertume de l’effort sur soi pour soigner le cœur. Les soins donnés au cœur sont même prioritaires par rapport aux soins données au corps, car la mort débarrasse les maladies physiques, tandis que les maladies du cœur – que Dieu nous préserve ! – perdurent après la mort, pour l’éternité.

Tout réfrigérant ne convient à traiter un mal dû à la chaleur que dans une stricte proportion qui varie en intensité, en durée et en nombre d’application, et il faut donc pouvoir déterminer la mesure bénéfique en son usage – car si cette mesure n’est pas respectée l’état ne fait qu’empirer. Ainsi, les contraires par lesquels sont traités les défauts de l’âme doivent être mesurés. Le remède doit être mesuré à l’aune de la maladie, ce qui fait qu’un médecin ne soigne pas tant qu’il ne sait pas si ce mal est causé par le froid ou la chaleur."

L'éducation de l'âme - AL...

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