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Le miroir du prince et le conseil aux rois - Al Ghazali - Edition Al Bouraq
Le miroir du prince et le conseil aux rois
Traduit de l'arabe par Hassan Boutaleb
Revivification des sciences de la religion
Al Ghazali
Edition Al Bouraq
Extrait du livre :
"DE LA JUSTICE, DE LA POLITIQUE ET DE LA CONDUITE DES ROIS
Anecdote :
On raconte qu’une fois, durant son règne, Anûsharwân feignant d’être malade, envoya ses hommes de confiance et ses agents à travers les territoires du royaume à la recherche d’une brique antique au pouvoir curatif. Il confia donc à ses amis que les médecins lui avaient prescrits ce remède. Ils allèrent chercher l’antique brique dans tout le royaume mais leur entreprise échoua. Une fois revenus, ils lui dirent : « Nous avons cherché partout et nous n’avons trouvé ni ruines ni briques. » Anûsharwân se réjouit et remercia son Dieu, puis leur dit : « Je voulais par ce moyen évalué l’état de mon royaume et de mes provinces, et savoir s’il y avait encore un lieu en ruines dans le royaume, auquel cas il aurait fallu le restaurer et le repeupler. Mais il n’y a plus d’endroit qui ne soit peuplé et florissant. Les affaires du royaume sont totalement sous contrôle, ses institutions organisées et sa prospérité assurée.
Sache que ces rois se sont évertués à développer leur pays parce qu’ils savaient que plus leur pays était prospère et plus les sujets étaient reconnaissants et loyaux. Ils savaient aussi que les savants et les sages disaient juste lorsqu’ils affirmaient que la religion dépendait de la monarchie, la monarchie de l’armée, l’armée des ressources, les ressources de la prospérité et celle-ci de la justice et du développement. Ils ne toléreraient aucune infraction, petite ou grande, et ne permettaient pas leur à leur entourage (al-hashm) de violer (al-kharq) les lois et d’opprimer (al-ghashm), car ils savaient que les sujets fuiraient et migreraient et que lorsque s’exerce l’injustice, les terres sont abandonnées, les territoires sont ruinés et les populations s’expatrient ; que les ressources diminuent, le trésor se vide, les gens sont malheureux, haïssant et maudissant le roi injuste qui ne parvient plus à gouverner et finit par être anéanti.
Il y a deux genres d’injustice : la première est l’injustice du sultan envers ses sujets, celle du puissant envers le faible et celle du riche envers le pauvre ; la seconde, celle qu’on exerce sur soi et qui..."